la Première Session ordinaire du Conseil Exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)

Intervention de Son Excellence Monsieur Denis REGIS Ambassadeur, Représentant Permanent de la République d’Haïti auprès des Nations Unies à la Première Session ordinaire du Conseil Exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)

"Coopération au titre des Programmes de l’UNICEF : Descriptif de programme de pays : Haïti"

New York, le 7 février 2017

 

Je voudrais, en tout premier lieu, adresser mes bien vives félicitations à Monsieur le Président pour sa brillante élection à la présidence du Conseil Exécutif de l’UNICEF, ainsi que les autres membres du Bureau. Je ne doute une seconde du talent et de la capacité avec lesquels vous allez diriger nos travaux. Je vous souhaite donc le plein succès dans la réalisation de votre tâche qui ne sera sans doute pas toujours aisée. Mais vous pourrez toujours compter sur le soutien et la plus complète collaboration de la délégation haïtienne. Permettez-moi également de saluer la performance de Monsieur Anthony LAKE, le Directeur Exécutif de l’UNICEF, pour son imagination créatrice et la grande disponibilité dont il fait montre dans le travail de bénédictin qu’il réalise au jour le jour. Qu’il en soit remercié.

2-              Il m’est extrêmement agréable de souligner la remarquable intervention de l’Ambassadrice Marita PERCEVAL, Directrice Régionale de l’Amérique Latine et de la Caraïbe de l’UNICEF, qui témoigne, s’il en était besoin, de sa parfaite compréhension des complexités et des difficultés auxquelles fait face Haïti pour ce qu’il s’agit de la pleine garantie des droits économiques et sociaux des enfants de mon pays. Les crises successives du passé, les catastrophes naturelles à répétition, les handicaps structurels de l’économie haïtienne sont, parmi d’autres, des facteurs dont il faille tenir compte dans le mal-développement d’Haïti et, par voie de conséquence, dans la situation dramatique de beaucoup d’enfants haïtiens. Fort heureusement, l’UNICEF dont le Représentant en Haïti, Monsieur Marc Christophe VINCENT, est avec nous à cette séance et dont je salue la présence-apporte un support diversifié aux institutions haïtiennes dédiées à la protection des enfants dans les domaines de la nutrition, de l’éducation, de la santé, de l’hygiène, de l’accès à l’eau potable, entre autres.

Le descriptif de programme de pays soumis à notre attention présente un tableau précis, souventes fois préoccupant de la situation des enfants d’Haïti. « Près de 70% (d’entre eux) de moins de cinq ans vivent dans des ménages pauvres », note le document. « Les enfants sont également gravement touchés par la pauvreté nutritionnelle », souligne le document, qui ajoute que « le manque d’accès aux services de base est principalement dû aux difficultés financières rencontrées par les familles, aux inégalités sociales, aux capacités limitées des organismes publics et aux dépenses sociales insuffisantes ».

Face à un constat aussi sombre, un regain d’initiatives et un sursaut collectif me paraissent indispensables pour inverser la tendance en créant les conditions nécessaires à l’approfondissement de la distribution équitable des services sociaux de base tant dans les milieux urbains que ruraux, et à l’amélioration substantielle de la vie de la population.

Monsieur le Président,

5-              Conformément à la décision 2019/11du Conseil d’administration, le programme de pays d’Haïti a bénéficié en juillet 2016 d’une prolongation de deux mois, afin de pouvoir s’aligner sur le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) pour la présentation à leur Conseil d’administration, lors de la première session ordinaire de 2017, des nouveaux descriptifs de programme de pays pour la période 2017-2021. Aujourd’hui, ma délégation accueille le descriptif de programme de pays pour Haïti soumis au Conseil d’administration pour examen et adoption.

6-              En me félicitant de l’apport de l’UNICEF à Haïti, je me dois de souligner que son action embrasse également le niveau normatif. Les autorités haïtiennes ont pu bénéficier de l’expertise de l’UNICEF dans le cadre du renforcement du système juridique existant, en matière des droits de l’homme. Ainsi plusieurs instruments internationaux de droits de l’homme ont été ratifiés. On peut citer, entre autres, la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, ainsi que la loi sur la paternité responsable. Dans le même ordre d’idées, la loi sur l’adoption et la loi sur la traite sont en train d’être révisées.

7-              Ces résultats n’auraient pas été possibles, sans une appropriation collective des programmes de l’UNICEF par les principaux acteurs concernés, à savoir le Gouvernement et la société civile. En effet, nous savons tous qu’un bon programme est celui où les principaux acteurs concernés participent à toutes les phases: son élaboration, son exécution et son évaluation. L’efficacité de l’exécution du programme est basée sur les cinq composantes programmatiques suivantes: (i) le plaidoyer et l’appui technique pour la ratification des instruments internationaux et l’harmonisation du cadre légal national; (ii) le renforcement des capacités des acteurs de la protection de l’enfance; (iii) le renforcement du système de référence; (iv) le renforcement de la collecte et l’utilisation des données; et (v) la prévention de violence, d’abus et d’exploitation contre les enfants.

8-              Nous nous félicitons également des effets positifs à venir du programme de pays 2017-2021 proposé. Il est indéniable que ses principaux éléments, comme les questions de mécanismes communautaires de protection de l’enfance dans les zones ciblées, les interventions préventives et la réinsertion sociale des enfants, le renforcement des capacités des services de police et du secteur judiciaire, et la création des partenariats en vue d’assurer l’inclusion pour ne citer que ceux-là, contribueront à remédier aux situations socioéconomiques défavorables dont fait état le document soumis à notre attention.

Monsieur le Président,

9-             L’intervention de l’UNICEF consiste d’abord à instaurer un environnement protecteur pour les enfants vulnérables en Haïti, C’est pour moi l’occasion de souligner que l’enfant se trouve au cœur de l’action gouvernementale et est considéré, dans toute sa dimension, dans la mise en œuvre des grandes politiques stratégiques. C’est autour du thème: “Investir dans la petite enfance pour un futur meilleur” que le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), a procédé conjointement avec des représentants de la Banque Mondiale et de l’UNICEF, au lancement officiel de la campagne de communication relative au Développement intégral de la Petite enfance (DIPE) en Haïti. La volonté du Gouvernement haïtien est claire et nette, à savoir qu’il faut miser sur le futur. Cette volonté est l’indication manifeste des réflexions engagées par les autorités haïtiennes, en consultation avec les principaux acteurs locaux et internationaux, autour de la problématique de l’enfance.

10- L’exécution de certains projets gouvernementaux comme le développement du micro-crédit chez les femmes des couches populaires, les initiatives vers la mise sur pied d’un système de couverture sanitaire obligatoire s’inscrivent dans cette perspective.   Le rôle considérable de l’UNICEF, qui n’a jamais cessé de multiplier ses efforts en prenant des initiatives avisées, est de travailler d’un commun accord avec le Gouvernement et la société civile, dans le but de contribuer au bien-être des enfants. Par exemple, après le séisme de 2010, dans le domaine médical, 1.940.000 enfants ont été vaccinés et de l’eau potable a été fournie à 680.000 personnes, alors que des services d’assainissement ont été accordés à 800 autres qui vivaient dans des camps en 2010. La contribution de l’UNICEF pour venir en aide notamment aux enfants qui vivaient déjà dans des situations difficiles, a nécessité une mobilisation massive de ressources.

Monsieur le Président,

11-           Je m’en voudrais de terminer mon allocution sans remercier une fois de plus l’UNICEF pour son implication en Haïti, non seulement en matière de santé, d’éducation, de protection des enfants et d’égalité des sexes, mais aussi pour son approche axée sur l’équité dans le développement humain. Ma délégation pense que le pays est à un carrefour important de son histoire. En ce sens, toutes ses actions s’inscrivent dans cette logique même si les ressources sont limitées. Dans ce contexte, l’apport financier, couplé à l’expertise des partenaires internationaux, se révèle indispensable. Et, à ce tournant de la vie nationale d’Haïti, nous estimons que le programme de pays 2017-2021 de l’UNICEF pour Haïti, mérite l’attention et le support de tous nos partenaires.

Je vous remercie.

 

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