Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti

Madame la Présidente du Conseil, Madame la Représentante Spéciale du Secrétaire Général, Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs,

1                                Je voudrais en tout premier lieu adresser les plus vives félicitations du Gouvernement de la République d’Haïti à Madame l’Ambassadeur de l’Argentine, Son Excellence Maria Cristina PERCEVAL, qui assure la présidence du Conseil de Sécurité pour ce mois d’août 2013. Je lui renouvelle la profonde reconnaissance des autorités de mon pays et les miennes propres pour l’initiative de ce débat sur la MINUSTAH, à la veille de l’expiration du mandat de celle-ci, tel que convenu dans la Résolution 2070 (2012) du 12 octobre 2012 du Conseil de Sécurité.

2         Mon Gouvernement exprime sa profonde gratitude au Secrétaire Général de notre organisation pour son Rapport, pour le moins équilibré et détaillé, touchant maints aspects de la vie politique, économique, financière, sanitaire, sécuritaire d’Haïti. Le Gouvernement haïtien appuie les observations et recommandations contenues dans ce document, notamment la prorogation du mandat de la MINUSTAH pour une nouvelle année.

3                                 C’est l’occasion pour moi de remercier la Représentante Spéciale du Secrétaire Général en Haïti, Madame Sandra HONORE, pour la qualité de son exposé et la pertinence de ses propos. Je saisis cette opportunité pour vous adresser, Madame, mes meilleurs vœux de succès à l’orée de votre mission en Haïti.

4                                 La délégation haïtienne tient à faire part de son appréciation à l’endroit des distingués membres du Conseil de Sécurité dont les commentaires et les préoccupations exprimées rejoignent fort justement les vues et les soucis du Président Michel Joseph MARTELLY, du Premier Ministre Laurent Salvador LAMOTHE et de l’ensemble du Gouvernement de la République. Je sais gré aux membres du Conseil de Sécurité de leur pondération, de leur retenue et de leur sens de la mesure dans l’appréciation des faits et des événements de mon pays.

Madame la Présidente du Conseil,

5                                 Je mesure le privilège qui m’est accordé de faire les remarques qui suivent       devant ce Conseil qui joue un rôle si essentiel et indispensable dans le devenir de notre monde, et auprès de vous, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, qui en incarnez si hautement l’esprit et contribuez inlassablement et avec talent au rayonnement de notre organisation et à la poursuite de ses nobles objectifs.

6                                 La République d’Haïti, comme vous le savez, vit un moment particulier, assurément déterminant de son histoire. Elle s’attache à la consolidation de ses institutions démocratiques, tout en œuvrant d’arrache-pied, après tant de décennies perdues, pour renouer avec la croissance et s’engager enfin dans la voie du décollage économique et du développement durable. En droite ligne de ses efforts visant le renforcement et la bonne marche des institutions républicaines, le Président de la République a invité solennellement le 14 août dernier, le Collège Transitoire du Conseil Electoral Permanent à prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d’organiser les élections sénatoriales partielles et locales au plus tard en décembre 2013. Le pouvoir exécutif, à travers le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, a fait le dépôt à la Chambre des Députés, le mardi 27 août, du projet de loi électorale devant régir ces élections.

7                                 Ces deux dernières années, des avancées significatives et des progrès notables et indiscutables, soulignés presque unanimement par les observateurs de bonne foi et par le Secrétaire Général dans son Rapport, ont été accomplis sur tous les plans : institutionnel, socio-économique, culturel, sécuritaire… Mais, la tâche est immense, les défis sont grands et les obstacles puissants. C’est pourquoi nous attachons un prix particulier à la compréhension, à la solidarité et à la collaboration de la communauté internationale, dont, au premier chef, les Nations Unies.

8                                 C’est cette même collaboration avec l’organisation à laquelle le Gouvernement haïtien est extrêmement attentif qui nous vaut de souligner les appréhensions du peuple haïtien face à la faute morale que constitue l’introduction, en octobre 2010, de l’épidémie du choléra en Haïti, avec son cortège de décès et de personnes infectées, un fléau éradiqué dans le pays depuis plus d’un siècle.

9                                 Par ailleurs, tout en nous félicitant du fait qu’Haïti, de l’avis du Conseil de Sécurité, ne constitue plus une menace ni un danger à la paix et à la sécurité internationales de la région, il nous semble nécessaire d’entamer et d’approfondir, entre partenaires responsables, une réflexion sereine et sans à priori sur l’après-Minustah, car, comme le souligne le Rapport du Secrétaire Général, des voix s’élèvent dans le pays pour remettre en question la présence de la MINUSTAH. Il serait souhaitable que soient envisagés tous les scénarios possibles de désengagement afin d’éviter la répétition de l’histoire.

Madame la Présidente,

10                              Les liens historiques et singuliers qui existent entre Haïti et les Nations Unies sont plus pertinents que jamais. Membre originaire de l’Organisation qui, depuis la toute première mission de coopération du Conseil économique et social, en vertu de la résolution 51 (IV) en date du 26 mars 1947, lui apporte un soutien indéfectible dans ses efforts de développement, Haïti peut se targuer d’avoir avec l’ONU une relation spéciale et unique. Il est donc venu le temps d’œuvrer à l’élargissement et à la redéfinition, manifestement nécessaire, de cette coopération qui, certes, a fait ses preuves, pour que lui soit imprimé un nouvel élan, un nouveau dynamisme, pour qu’elle soit davantage à la hauteur des impératifs de l’heure et plus en cohérence avec les priorités nationales. Je suis certain de pouvoir compter à cet égard sur votre hauteur de vues et votre attachement à la République d’Haïti dont la stabilité, le développement et le progrès vous ont toujours tenu particulièrement à cœur.

11                              Je tiens à vous dire, Excellences, Mesdames, Messieurs, la volonté du Gouvernement haïtien, solidaire des idéaux, des principes et des objectifs définis par la Charte, d’œuvrer sans relâche, de concert avec vous, en faveur de la paix et de la sécurité internationales, du développement, de la promotion et de la protection des droits humains : politiques, économiques, sociaux et culturels. A ce sujet, parallèlement aux efforts en cours dans le pays pour l’édification d’un Etat de droit, inséparable du respect des différences et des contradictions, le Gouvernement haïtien vient de poser un nouveau jalon dans son attachement à l’éminente dignité de la personne humaine : le 16 juillet 2013, il vient de signer, ici aux Nations Unies, la Convention de New York de 1984 contre la torture et autres peines outraitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée par l’Assemblée générale le 10 décembre 1984.

 

12                              Dans cet esprit, le Gouvernement haïtien continuera d’appuyer les démarches de l’Organisation ainsi que les efforts personnels que vous déployez, Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, pour promouvoir les droits de la personne humaine dans toutes leurs composantes et dimensions, l’exercice concret de la solidarité universelle, la tolérance, le respect des identités culturelles, autant de valeurs qui n’ont jamais été aussi pertinentes et indispensables à l’édification d’un ordre national et d’un ordre international plus juste, plus humain et plus fraternel que l’humanité ne cesse d’appeler de ses vœux depuis 1945.

13                     En saluant le Rapport du Secrétaire Général, somme toute fidèle aux précédents : équilibré, faisant la part des choses, mettant en évidence les efforts des pouvoirs publics dans tous les domaines de la gouvernance politique, économique et sécuritaire, et relevant les limites et les insuffisances de ce qu’il y a à accomplir, je renouvelle, au nom de mon pays et de son Gouvernement, ma foi à vos multiples initiatives, en Haïti comme ailleurs, pour le règlement et le dépassement des conflits, la réduction de la pauvreté, la promotion du développement et le rapprochement des peuples.

Je vous remercie.

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